Le verbe avoir, c'est un calvaire : s'accorde, s'accorde pas, le COD avant, après. C'est bien simple je n'ai rien. A force de ne pas connaître ce verbe je n'ai plus rien. « Etre », c'est plus simple. Il y a ceux qui sont dans « l'avoir », et ceux qui sont dans « l'être ». Moi je suis dans l'être. Dans l'être plein de fautes. Mais j'y suis.
Alors pardonnez-moi si je vous livre cette vie, ces écrits, avec plein de fautes. Ce n'est pas vraiment de l'inattention. C'est ma vie qui est dyslexique. Je voudrais tellement écrire mieux, vivre mieux, aimer mieux, même au futur. Etre dans le bon temps, la bonne grammaire, où tout s'accorde, sans exceptions. Je voudrais pouvoir lui dire, je t'aime et je t'aimerai longtemps, sans faute de goût, sans faute de vie. En fait j'écris comme je vis dans le désordre des lettres. Comme si le vent passait dessus pour ébouriffer ma langue, comme l'eau la noyait, comme si le sel la creusait afin qu'il n'en reste rien.
Faut-il arrêter d'écrire pour ça, arrêter de vivre, d'aimer, de rêver ? Faut-il toujours les bonnes règles au bon endroit ?
Je continuerais à écrire, avec mes fautes. Je continuerai à vivre avec mes fautes. Je continuerai à aimer ceux qui ne faut pas. Et j'aurai « zéro » à ma dictée, comme toujours. Et zéro, cela me convient, c'est juste la rencontre de deux infini. C'est juste là, où je veux être.
Pour l'attendre.



